Derrière la nature déroutante et l’épaisse couche des mœurs, la virulence des sentiments et des sens sollicite et oriente les pas de chacun. Le décor s’étale devant le regard avant de se fragmenter. Il s’efface, efface et escamote énergiquement ce qui est immergé en lui. Les êtres et les choses réverbérant une fragilité prodigieuse et secrète, le cours habituel de la vie est scandé par des estocades imparables. Les mots dissimulent des silences troubles, actifs, agités. Ils apparaissent puis s’éteignent avec autant de rapidité que ceux qui les prononcent. L’exploration de la psychologie humaine est redoublée et réfléchie par celle du paysage qui entoure les maisons dans lesquelles les hommes s’aiment et se haïssent. Comme si tout ce qui se voit et se vit n’était qu’un écran, la référence à un « autre monde » permet d’éclairer ce qui doit ou peut être éclairé. Dévoilant l’instabilité, les angoisses et les joies énigmatiques qui constituent puis éventrent fastidieusement l’évolution des mœurs provinciales et métropolitaines, Jacquette Reboul montre remarquablement, dans Face à face, en quoi la nouvelle se rapproche du rêve.